Maëlle Dufour crée des œuvres monumentales et complexes qui questionnent le progrès au cœur d’époques passées, présentes et futures, ainsi que l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes. Elle explore les traces de décadence, les prémices d’espoir et les processus de transformation qui traversent nos sociétés. Elle instaure une archéologie des déchets, considérant ces derniers comme l’héritage que nous laisserons aux générations à venir. Ils constituent aussi une précieuse source d’information sur une société en déclin et témoignent de la résilience de l’humanité.
Le travail de Maëlle Dufour s’exprime dans une véritable explosion de matériaux, mêlant l’argile, la boue, la pierre bleue, la céramique, les déchets, les plaques de plomb, des miroirs ou encore du verre soufflé. Il peut aussi s’agir de ruines monumentales, de paysages volcaniques lunaires ou d’étroites tours de guet. La confrontation physique entre son travail et le spectateur est souvent déstabilisante. La taille et le poids de ses pièces déplacent nos repères d’échelle, et nous renvoient à la petitesse et la vulnérabilité de notre propre existence.
Dans ses installations sculpturales, Maëlle Dufour questionne les technologies industrielles tout en explorant des formes de connaissance ancestrales et les legs matériels laissés aux générations futures. Elle remet volontairement en question l’origine, le souvenir et l’histoire des choses. Se situant entre l’apparition et la disparition, et souvent mises à l’épreuve du temps, ses œuvres questionnent autant les ruines que la survie de l’humanité, qui semble reposer sur le rythme de civilisations passagères.
Maëlle Dufour (1994, Belgique) est une artiste visuelle qui vit et travaille à Bruxelles, en Belgique. Elle est lauréate du HISK (Institut Supérieur des Beaux-Arts) Gand 2022-23. Elle a étudié la sculpture à l’ENSAV La Cambre (Bruxelles) et à la Finnish Academy of Fine Arts (Helsinki). Depuis 2014, elle a participé à de nombreuses expositions en Belgique et à l’étranger, notamment à la Triennale de Beaufort (BE), la Triennale Art Public (BE), la Biennale de Mulhouse (FR), Artagon III (FR), la Biennale Artour (BE) et Horst (BE). Elle a participé à plusieurs foires d’art contemporain telles que Art Brussels (BE) et Ceramic Brussels (BE).
Ses œuvres sont régulièrement présentées dans des institutions artistiques comme Extra City (BE), Kanal – Centre Pompidou (BE), Centrale for Contemporary Art (BE), Botanique (BE), BPS22 (BE), Centre Wallonie-Bruxelles à Paris (FR), CC Strombeek (BE), Free Space for Arts (FI), Universidad de Concepción (CL), Delta (BE), Friche la Belle de Mai (FR), Les Brasseurs (BE) et ISELP (BE). Elle a également réalisé des résidences à Moly Sabata (FR), Alumi Startwell (NL), Shake – Résidence Nomade (TU), MACPA (BE), RAVI (BE) et MAAC (BE).
En 2022, elle a réalisé une œuvre pérenne à Haren et développe actuellement une nouvelle œuvre permanente pour la ville de Mouscron. Son travail est par ailleurs présent dans plusieurs collections publiques et privées, notamment celles du FRAC Dunkerque et dans la collection du Hainaut au BPS22.
Son travail a reçu plusieurs prix et bourses, dont le « Prix d’encouragement de sculpture, 2021 » à l’Institut de France, le « Prix Fintro, 2024 », le « Prix Étincelle de Wallonie, 2025 », le « Prix de la Commission des Arts de Wallonie, 2018 » et le « Prix Macors, 2021 », ainsi que les bourses « Aide à la création, 2019 et 2021 », « Un Futur pour la Culture, 2021 et 2023 », « Beurs van de Vlaamse Gemeenschap, 2025 » et « Vocatio, 2022 ». Elle a également obtenu le « Prix du Hainaut 2018 », à travers lequel elle a publié le livre Construire la ruine en novembre 2021 avec l’éditeur CFC.
© Ithier Held